"L'enthousiasme est l'engrais du cerveau" 

André Stern, MOOC "Education" des Colibris


La genèse du projet

Le projet est né de plusieurs constats :

 

1. Parents et professionnels de l’enfance témoignent que l’éducation des enfants d’aujourd’hui leur échappe. Les enfants semblent radicalement différents, une nouvelle donne comportementale a été constatée qui nous oblige à modifier nos approches en matière d’éducation et de santé. De ce fait, chacun de nous doit s’adapter à ces changements, tant au niveau du Faire que de l’Être.

 

Ce constat, beaucoup de scientifiques, d’éducateurs, de professionnels de la santé le font. John White, membre de l’Association d’Anthropologie Américaine fait partie de ces personnes :

 

« Une nouvelle humanité est en train de se profiler. Elle se caractérise par une psychologie modifiée, basée sur l’expression du sentiment, et non la répression. Cela se traduit par une motivation solidaire et aimante, non compétitive ou agressive, une logique intégrée multiniveaux, et non plus linéaire-séquentielle, un sentiment d’identité inclusive-collective, et non plus isolée-individuelle » (White, 2000 : ae)[1]

 

Ces changements sont illustrés par les quatre points suivants :

  • Ils sont observés sur la terre entière, sans faire de distinction entre les différents milieux socio-économiques et culturels ;
  • Les enfants présentant ces caractéristiques sont en nombre croissant, et depuis 2006 ils seraient majoritaires parmi les nouveau-nés ;
  • L’accélération de ces changements est importante ;
  • Ces changements vont avoir un réel impact sur notre avenir à tous.

2. Un modèle éducatif prédominant aujourd’hui qui répond aux besoins de production d’il y a plus d’un siècle, alors que les modes d’apprentissage et sources de savoir ont grandement évolué ces vingt dernières années. L’éducation doit se transformer afin de s’adapter à ces nouvelles donnes. Nul ne peut savoir aujourd’hui quels seront les métiers de demain. Il s’agit alors de donner les moyens aux enfants de s’adapter à un monde en constante mutation : savoir travailler ensemble, être créatifs afin de s’accommoder aux changements, mettre en avant la solidarité, l’équité, la justice, sensibiliser au développement durable et aux
problématiques sociales. L’école se doit d’aller au-delà du simple savoir lire, écrire et calculer.

 

3. Un manque de structures éducatives pouvant accueillir les enfants ayant des besoins particuliers. L’inclusion à l'école  peut être compliquée car les classes sont trop chargées et la pédagogie proposée peine à s’adapter aux besoins individuels de ces enfants (programme trop chargé, rythme trop soutenu…). 

 

4. Nous adultes, ne répondons peu ou plus aux besoins primordiaux de nos enfants qui sont :

  • Besoin de mouvement : de bouger, de faire du bruit, de sauter, de courir, de crier…
  • Besoin d’interactions sociales : parler, rire, raconter, rencontrer différentes personnes, adultes et enfants
  • Besoin de solitude : de jouer seul ou à deux dans un endroit retiré
  • Besoin de se retirer pour penser, imaginer, se calmer
  • Besoin de se sentir compétent : de faire des choix, d’exercer un pouvoir sur les choses
  • Besoin de sécurité : présence d’un adulte qui veille sur eux, le contact d’autres enfants dans le respect de chacun
  • Besoin de contact quotidien avec la nature : jouer dehors, faire des marches…
  • Besoin de collectionner : les roches, les plumes, de petits bâtons, des bouquets de fleurs…
  • Besoin de s’exprimer : de faire, de défaire, de créer, des réaliser des projets…
  • Besoin d’un environnement adapté à leurs capacités et à leurs besoins
  • Besoin de beauté et de stimulation sensorielle

[1] L’éducation, une stratégie pour ré-enchanter la vie – Karine Mazevet. Editions le Souffle d’Or